OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Comment les États gèrent http://owni.fr/2012/10/16/comment-les-etats-gerent/ http://owni.fr/2012/10/16/comment-les-etats-gerent/#comments Tue, 16 Oct 2012 10:22:24 +0000 Nicolas Patte http://owni.fr/?p=122785 New York Times dans notre veille de journalisme de données aujourd'hui. Le duel entre Obama et Romney sera au couteau, et dans chaque État.]]> Capture d'écran du site New York Times

Capture d'écran du site New York Times

Veille data

Notre veille du jour en matière de journalisme de données, c’est cette jolie et efficace visualisation réalisée par Mike Bostock et Shan Cartner du New York Times.

Sa forme, appelée “diagramme de Sankey“, met en valeur un élément central de l’élection présidentielle américaine : les basculements historiques successifs des États pour un bord ou un autre – et par conséquent pour un candidat ou un autre. Chaque boîte de couleur (rouge pour les Républicains, bleu pour les Démocrates) représente un État proportionné à son nombre de votants ; chaque courbe montre comment le vote a dévié vers la droite ou la gauche au fil du temps.

Si la majorité des États sont assez constants sur le bord politique principal de leurs concitoyens, les choses sont très différentes dans ceux qu’on nomme les “swing states” : littéralement, les États qui oscillent, comme des pendules. Raison pour laquelle les candidats concentrent leurs efforts sur quelques régions durant leur marathon, comme la Floride ou l’Ohio. Ce dernier étant principalement apprécié puisqu’il a toujours donné le nom du vainqueur depuis 1964.

Un tel travail de datajournalisme – extraction de données complexes (à partir de l’atlas des élections présidentielles de David Leip) et mise en forme d’apparence simple et aisée à manipuler – offre une véritable occasion, en un coup d’oeil et quelques glissés de souris, de comprendre un peu mieux l’élection présidentielle américaine, scrutin sur lequel tous les yeux seront braqués dans exactement trois semaines.

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La veille comme art de vivre du futur http://owni.fr/2011/07/26/la-veille-comme-art-de-vivre-du-futur/ http://owni.fr/2011/07/26/la-veille-comme-art-de-vivre-du-futur/#comments Tue, 26 Jul 2011 06:29:36 +0000 Cyroul http://owni.fr/?p=74635 LEGO chasseVoici un article qui a été publié dans l’excellent ebook : Regards croisés sur la veille (sur le blog du modérateur), qui fait intervenir plein de spécialistes pros du digital (et moi-même). Un article prospectif qui m’a donné l’occasion de poser toutes les idées concernant l’évolution de la veille digitale. Vous excuserez la longueur, cet article est fait pour être lu sur papier ou tablette.
« Touff de la tribu des Görzg grimpa sur une colline. Trois jours que sa tribu et lui n’avaient rien mangé. Tous les matins, les chasseurs partaient explorer la région avec de grands cris mais revenaient bredouilles chaque soir sous les lamentations des femmes et les pleurs des enfants. Mais Touff avait décidé de changer de stratégie. Assis en haut de son promontoire, il observait l’horizon. Soudain il vit les cercles aériens décrits par les vautours fauves. En courant, il  se dirigea vers l’origine de cette agitation aérienne : un cadavre de jeune gazelle encore frais. Il effraya les vautours à grands cris et mouvements de lance, puis récupéra l’animal mort. Ce soir la tribu ne mourra pas de faim. »
– Histoire naturelle des peuples Zhürg, tome 4 –
L’humain possède une curiosité extraordinaire ainsi qu’une faculté d’adaptation formidable. Plus que les autres animaux, ce sont ces deux qualités (et ses pouces opposables) qui lui ont permis de survivre et de se développer sur la planète. La curiosité lui a permis de se mettre debout pour voir plus loin. En voyant plus loin, il a a pu repérer les prédateurs et ses proies. Cette leçon s’est gravée dans ses gènes :

Information = survie

Et cette leçon primordiale a accompagné l’être humain pendant des millénaires. Les grandes civilisations faisant circuler l’information et le savoir, pendant que les dictatures et autocraties essaient de les contenir. L’information est devenue encore plus porteuse de notions de richesse. Information = pouvoir. Information = liberté.

Et puis, la civilisation s’est confrontée à des territoires d’un genre nouveau : les territoires digitaux. L’être humain a dû muter pour s’adapter à Internet. Il est encore en pleine transformation. Et ce n’est pas terminé.

L’homme veille sans le savoir, une question d’adaptation

L’homme s’est transformé en même temps qu’internet envahissait sa vie. Il s’est en effet retrouvé petit à petit noyé dans de l’information brute ou transformée. Car sur Internet, tout y est information ou données, que ce soient les textes, les images, les vidéos, ou les agrégats protéiformes que ces différents éléments peuvent composer.

L’homme a donc petit à petit créé des stratégies opérationnelles pour « survivre » dans l’environnement informationnel digital. Ses stratégies pouvant aller de la sélection fine de sa page de démarrage de navigateur jusqu’à l’ajout d’un filtre anti-spam pour ses e-mails en passant par une gestion plus ou moins fine de ses bookmarks. Une adaptation progressive qui s’est accompagnée par la construction de stratégies mentales souvent inconscientes.

Cette nécessité de veiller (c’est-à-dire l’action de recherche active ou passive d’informations sur Internet) fait ainsi partie de ces nouveaux comportements produits par l’immersion dans les territoires digitaux.

Et aujourd’hui tout le monde veille sur Internet. Que vous utilisiez LinkedIn, Facebook ou Foursquare, que vous regardiez les statuts ou la localisation de vos amis, vous faites de la veille. Googler est devenu un acte naturel et l’on n’y associe même plus la notion d’égocentrisme que ce comportement sous-tend car c’est de la veille, et donc une adaptation normale à l’environnement digital.

La veille s’est donc immiscée dans notre quotidien mais jusqu’où ?

L’entreprise initiatrice de ce comportement

Les entreprises ont été les premières à comprendre (au début des années 2000 pour les plus prévoyantes) qu’il était indispensable de faire de la veille permanente sur Internet. Ce terme « veille » (e-veille, veille digitale, data-monitoring, etc.) a en effet commencé à être utilisé au début des années 2000 pour surveiller les sociétés et les marques implantées sur Internet. Au début, elles ne faisaient que de la veille sectorielle, technologique et éventuellement concurrentielle (intelligence économique), mais petit à petit, elles ont associé cette veille à leur gestion de crise, et depuis peu à leur communication et marketing.

Dix ans après, la veille est devenue une obligation pour les entreprises et les marques qui veulent se développer, quelle que soit leur taille, du boulanger à la multinationale. Ces entreprises comprennent d’ailleurs aujourd’hui  que la veille n’est plus forcément un poste à externaliser mais qu’il peut être plus qu’économique de l’internaliser et de créer un nouveau poste dédié au sein de l’entreprise. La veille étant reconnue comme l’un des axes de développement de l’entreprise (amélioration des produits et services, SAV, e-reputation, ressort d’innovation).

Pour les entreprises et les individus la veille est donc aujourd’hui un comportement acquis qui ne va pas s’arrêter de sitôt.

Un futur de données partout, tout le temps et une adaptation physique inéluctable

Que ce soit pour les entreprises ou les individus, cette e-veille permanente n’est donc que notre adaptation à cette nouvelle ère : l’ère de l’information. Car même si l’on n’en parle pas à la TV, nous sommes définitivement entrés dans ce que certains appellent « la 3ème révolution industrielle » (ou encore « révolution informationnelle ») qui décrit le passage actuel d’une société à dominante commerciale et industrielle à une société de vente, d’échange et de partage d’informations.

L’information devient donc la valeur dominante sur Internet. Mais en dehors de notre adaptation comportementale, nous allons également nous adapter physiquement à cette ère de l’information.

Ainsi, nous utilisons dès aujourd’hui couramment des extensions cybernétiques pour accéder ou échanger des informations. Non, n’imaginez pas forcément des implants cybernétiques branchés à votre cortex cérébrale mais plutôt un smartphone, ou encore un GPS de voiture (lisez donc « Nous sommes tous des cyborgs »). Voilà des outils, des extensions physiques existantes qui nous permettent de transformer des informations virtuelles en données physiques. De véritables senseurs de données indispensables pour traiter le flot de données qui va bientôt nous envahir.

Veiller quoi ? La nouvelle typologie des datas

Dans quelques années, il y aura des informations partout et tout le temps.

Une prévision facile à anticiper, quand les initiatives open data et link data auront montré leur utilité (grâce à des gens comme Tim Berners Lee [en]), quand Internet sera devenu sémantique (via XML, la norme RDF (Ressources Description Framework) qui qualifie les métadonnées ou le langage OWL (Web Ontology Language).

Ces données seront omniprésentes (pour les aspects dangereux, lisez « Data marketing contre l’humanité »). Mais on peut dès à présent les organiser en fonction de leur proximité avec soi-même :

  • Les données concernant notre intimité : qui rentre dans notre sphère privée ? Qui parle de nous ? Qui nous recherche ? Quelles sont nos informations visibles sur les territoires digitaux ? Notre image renvoyée sur Internet est-elle satisfaisante ? Certains services nous permettront de récupérer tous les avis sur soi (les paranoïaques vont se régaler avec www.whatiswrongwith.me [en] un service permettant de récupérer les avis anonymes sur vous).
  • Les données concernant notre cercle de relations intimes ou passionnelles : famille et amis proches. Mais aussi les gens que l’on peut détester – oui vous irez bientôt le plus naturellement du monde stalker vos haters (si vous ne le faites pas déjà). Ces données pouvant aller de la localisation géographique, à leurs statuts, leurs anniversaires, les évènements auxquels ils participent, ou encore leurs situations personnelles et professionnelles.
  • Les données concernant nos centres d’intérêts, nos passions (sport, jeux, musique, média, etc.) ou croyances (politiques, sociales, religieuses, etc.). Qui a gagné le championnat de France de football ? Qu’a dit quel politicien aujourd’hui ? Quelles sont les dates de concert de mon chanteur préféré ?
  • Notre environnement physique proche : la météo, les horaires d’un spectacle, les lieux géographiques intéressants, des aides à la consommation immédiate qui nous sont proposées (BR, offres spéciales), etc.
  • Mais aussi les lieux fréquentés par soi ou sa famille (lycée, collège, ville, région,… ) ou encore les gens que l’on connaît (amis de classe, dirigeants, …), les informations sur les cercles que l’on croise ou auxquels on appartient (associations, clubs, syndicats,… ).
  • Et enfin l’environnement plus lointain : se passe-t-il quelque chose d’important dans le monde ? Dans tel domaine de la science ?

Conclusion : 2012, prélude à l’homo-digitalus

Pour gérer toute cette information, réactualisée en permanence, il va être nécessaire d’inventer de nouvelles interfaces, des extensions cybernétiques indispensables pour manipuler, traiter, échanger ces données en temps réel.

La veille va devenir vitale pour l’être humain, car sans ces données, point de salut. Vous ne pourrez pas vous intégrer dans une société ultra-connectée. L’homo-digitalus, the wired man sera connecté ou désocialisé. Il ne s’agira plus de se demander pourquoi veiller, mais comment veiller le plus efficacement possible, comment s’y retrouver dans ce déferlement d’informations en tout genre, comment avoir l’information la plus juste, la plus fraîche.

Autour de ces nouveaux enjeux, la société va changer. Elle a déjà entamé sa transformation. Le fameux FOMO (Fear of Missing Out), aujourd’hui réservé aux ultra-connectés ou ultra-sociaux,  va devenir une crainte « grand public ». Certains ultra-connectés (jeunes ou pas) ne peuvent déjà plus quitter leur téléphone mobile sans se retrouver perdus, sans vie sociale (lire à ce propos l’étude Express InfoLab : Without information are we nothing ? [en]). Quant aux entreprises, ce sont celles qui recherchent, gèrent et font transiter les informations qui sont déjà les plus puissantes de la planète (Google, Microsoft, Apple et Facebook).

Donc l’être humain va changer et muter, qu’il le veuille ou non. Il deviendra détecteur, filtre ou créateur d’information permanente.

Autant s’y mettre tout de suite non ?

(en attendant, vous pouvez récupérer gratuitement l’ebook Regards croisés sur la veille ici).

Billet initialement publié sur le blog de Cyroul sous le titre « Demain tous veilleurs : la veille comme art de vivre du futur »

Image CC Flickr PaternitéPartage selon les Conditions Initiales sntgmdmPaternité floodllama, PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales M i x y, Cyroul et ConversationAgent

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Mon stagiaire est un mutant, je l’ai trouvé sur Twitter http://owni.fr/2010/03/31/mon-stagiaire-est-un-mutant-je-lai-trouve-sur-twitter/ http://owni.fr/2010/03/31/mon-stagiaire-est-un-mutant-je-lai-trouve-sur-twitter/#comments Wed, 31 Mar 2010 17:27:10 +0000 JCFeraud http://owni.fr/?p=11269 J’ai fait la connaissance de Christophe il y a quelques mois en m’abonnant à son compte Twitter : @FoireauxLiens. J’avais repéré ses tweets d’actu qui tombaient chaque jour avec la régularité maniaque d’un fil d’agence en faisant ma petite revue de presse matinale sur ce fameux site de micro-blogging où l’on poste des messages en 140 signes en y associant des liens internet.

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Twitter est devenu un outil de veille indispensable à mon métier de journaliste… voire une drogue dure, je vous en ai déjà parlé. Alerté à deux ou trois reprises sur des “hot news” techno (la sortie imminente du GooglePhone par exemple) grâce au fil de Christophe, je me suis dis ce gars-là est un crack, une vraie moissonneuse à liens intéressants, une agence de presse à lui tout seul ! Sûrement l’un de ces jeunes journalistes web aux dents longues qui sont en train de nous pousser, moi et mes copains quadras, vers le cimetière des éléphants de l’ère Gutenberg…

Je ne l’avais jamais rencontré “IRL” (In Real Life), juste quelques clins d’œil échangés sur Twitter. Et voilà qu’un beau jour je reçois un “DM”, un direct message de Christophe me demandant poliment si d’aventure il pourrait faire un stage dans mon service aux “Échos”.

Ah bon OK me dis-je, ce gars doit être étudiant en école de journalisme. Je lui demande son CV, références, stages déjà effectués blablabla… Un blanc au bout du fil… “Heu je suis en 3ème, mais je veux devenir journaliste…”, me répond-il. Christophe a 15 ans, il vit en banlieue parisienne. Je manque de tomber de ma chaise, me ressaisis et lui dis “OK coco tu as le job”… à savoir une semaine de stage conventionné. Certes, c’est la crise de la presse, on n’arrête pas le progrès, mais chez nous on ne fait pas encore dans le mineur de 15 ans menotté à son clavier pour pisser de la copie sur tous les supports… Mais bon, tant qu’à faire, puisque je l’ai sous la main cette semaine, autant l’exploiter un peu sur mon blog !

Christophe n’est-il pas l’un de ces jeunes mutants numériques qui n’ont plus assez d’yeux pour zapper sur la multitude d’écrans de notre merveilleuse société de consommation high-tech ? Intéressant sujet d’expérience : soumettons-le à la question pour savoir comment, lui et les djeun’s en général, consomment les médias.

L’exercice est très à la mode depuis que la banque Morgan Stanley a demandé l’été dernier au jeune Matthew, 15 ans, de se livrer à cet exercice pour tenter d’y voir plus clair sur la manière dont les vieux médias, totalement largué par la révolution Internet, peuvent survivre au Big Bang numérique… J’ai d’ailleurs piqué l’idée à ma consœur Marie-Catherine Beuth qui a déjà soumis son stagiaire au questionnaire de Morgan Stanley sur son blog Etreintes Digitales.

Mais assez bavardé, voilà donc l’Oracle de Christophe, 15 ans, “digital native” de son état :

Internet est le premier média… “Les jeunes de ma « génération », celle de 1992 -1994 , sont nés avec Internet. Mais nous n’utilisons pas tous Internet de la même manière. Pour moi qui suis passionné par l’informatique et le journalisme, Internet est le premier média. Pour d’autres, c’est la télévision. Ou encore les jeux vidéos. J’utilise beaucoup Twitter car je trouve que c’est un « outil » énormément utile. Et pour énormément de choses. Twitter m’a permis d’approcher l’actualité d’une manière inédite. De parler avec des gens qui ont les mêmes centres d’intérêt que moi. Bref, de faire des choses que je n’aurais pas pu faire facilement à mon âge… Comme s’improviser journaliste par exemple. Internet me permet, rapidement et gratuitement, d’accéder aux nouvelles, dans le monde entier. Si quelque chose m’intéresse particulièrement, je peux trouver toutes les infos sans aucun problème. Ce qui n’est pas possible sur les autres médias”.


90 % de mon temps sur Twitter : “Twitter m’a même permis de trouver un stage aux Échos. C’est bien utile. Pour partager, discuter, rencontrer. Ça reste mon premier outil sur Internet. J’y suis quasiment 90% de mon « temps Internet », voir plus. « Temps Internet » qui est de l’ordre de deux à trois heures par jour pour les jeunes en général… et jusqu’à cinq à six pour les plus connectés, comme moi par exemple.”


Facebook m’inquiète
“Facebook est beaucoup plus utilisé que Twitter par les jeunes. « T’as Facebook ? », un peu marre d’entendre ça. « T’as pas Facebook ? », ça aussi. Certains passent 80 % de leur temps Internet sur Facebook et pensent que je n’ai pas envie de partager mon profil avec eux. Mais en voyant moi ce qu’ils partagent sans se soucier une seconde de leur vie privée, je trouve cela vraiment inquiétant. Donc j’évite, et j’ai lâché cette connerie depuis quelques mois”.

MSN pour rester en contact
“En revanche je laisse ma messagerie MSN connectée en permanence pour rester en contact avec quelques amis s’ils ont besoin de me joindre. Quand aux mails, les jeunes ne s’en servent pas, ils préfèrent la messagerie instantanée ou les SMS. Moi je trouve cela bien utile quand même car je peux archiver ce que je reçois et m’en resservir”.

Je regarde peu la télévision…
“Franchement, la télé ça ne m’intéresse pas beaucoup. Je préfère aller sur Internet. Si j’ai envie de voir une vidéo, je vais sur YouTube. Si un sujet d’actualité m’intéresse, il y a bien plus de chose sur YouTube qu’à la télévision : des images venues du monde entier et aussi des images tournées par des gens ordinaires qui ne sont pas forcément des journalistes. Je ne m’intéresse presque pas aux films, je préfère les documentaires qui parlent de la vie réelle et savoir ce qui se passe dans le monde. Du coup, je n’utilise pas les sites pour télécharger des films ou des séries. Mais d’autres le font beaucoup, c’est bien connu. ;-)”


Les jeunes n’achètent pas de journaux :”Ici aux Échos, j’entends parler d’inquiétudes pour l’avenir des journaux papier avec Internet. Je n’étais pas vraiment au courant de tout cela. Mais c’est vrai les jeunes n’achètent pas de journaux car cela coûte cher et c’est moins pratique. Pour s’informer, ils vont sur Internet parce que c’est gratuit, facile, mais ils sont un peu agacés quand il y a trop de publicités comme par exemple sur 20minutes.fr. Moi j’achète de temps en temps des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Dans la presse papier, la qualité des articles est nettement meilleure que sur le web en général. Et il y a plus d’informations, d’analyses, de contexte. Beaucoup moins de copies de dépêches d’agences de presse. Le problème c’est que pour s’abonner, il faut passer par un adulte… C’est assez bloquant. Pour que les jeunes s’intéressent aux journaux, il ne faut pas forcément inventer des journaux interactifs sur Internet mais plutôt leur faire des offres spéciales ou leur faire découvrir la presse de l’intérieur. Ce qui serait sympa ça serait de voir un peu plus comment ça marche dans les rédactions, ce genres de trucs, mais malheureusement ce secteur-là est très fermé, surtout quand on habite en banlieue…”.

Décryptage :

OK Christophe n’est pas représentatif de jeunes de son âge. Bien qu’il s’en défende, c’est un vrai “geek” qui préfère son écran d’ordinateur à la télévision au point d’y passer plusieurs heures par jour quand d’autres vont taper dans le ballon.

C’est un sur-consommateur d’Internet, l’un des rares ados que l’on croise sur Twitter (un média essentiellement utilisé par les journalistes, les technophiles et les blogueurs, sinon on en parlerait moins). C’est aussi un accro à l’info, un passionné d’actualité comme j’en ai rarement vu à son âge. Un futur journaliste peut-être, je lui souhaite s’il en a toujours envie dans dix ans (à condition que la profession n’ait pas été robotisée d’ici là ;-).

Mais aussi un lecteur de demain, puisqu’il l’est déjà. C’est justement ce qui est intéressant quand on réfléchit à l’avenir des journaux papier et des médias en général. Ce jeune mutant numérique n’a pas compris de quoi je voulais parler quand j’ai tenté de lui expliquer qu’au début de ma carrière on copiais/collais nos papiers avec des ciseaux et de la colle. Il m’a demandé “est-ce qu’on est obligé d’imprimer à chaque fois les articles ? Ça fait gaspiller du papier”. Mais il m’a aussi avoué qu’il avait commencé à s’intéresser aux journaux papier, jusqu’à les acheter, via leur site Internet. Une exception ? Sûrement.

Mais vous savez ce qu’il m’a dit ? “Vous et moi on n’est pas de la même génération, mais on n’est pas si «éloignés » finalement. Chacun de son côté essaye d’y voir un peu de l’autre côté. Moi, je suis séduis par la presse papier, voir fasciné. Vous, vous êtes devenus très fan de Twitter et des blogs…”.

Sortir du conflit de génération stérile entre vieux et nouveaux médias, amener les jeunes à s’intéresser à la presse via Internet, et faire en sorte que la presse s’intéresse un peu plus aux jeunes et à leurs nouveaux modes de consommation multi-écrans…

Pour les journaux, c’est sûrement l’une des clés pour survivre au grand Big Bang numérique. Bien avant l’éternel débat sur comment faire payer mes contenus sur Internet. Il faut toujours parler avec les djeun’s…

> Article initialement publié sur “Sur mon écran radar”

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#fxsw: les frenchies aux South By Southwest http://owni.fr/2010/03/15/fxsw-les-frenchies-aux-south-by-southwest/ http://owni.fr/2010/03/15/fxsw-les-frenchies-aux-south-by-southwest/#comments Mon, 15 Mar 2010 10:39:01 +0000 J-S. Beuscart http://owni.fr/?p=10050 Un groupe de veilleurs français, issus pour la plupart d’entreprises et de réseaux amis (La Cantine, Bearstech, OrangeLabs…), se font et nous font plaisir en suivant l’un des festivals majeurs de l’univers du web : le South By Southwest. Plusieurs articles sont déjà publiés sur leur blog, celui que nous vous proposons présente le festival.

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South by SouthWest (SXSW), c’est la combinaison de trois festivals, Web, musique et cinéma, durant 10 jours, à Austin, au cœur du Texas. Je m’y rends pour la première fois, avec des attentes à la hauteur de la réputation de l’événement.

Le festival Web (dit « interactive ») est l’un des plus gros regroupements annuels des acteurs du web, tout particulièrement du web 2.0 ou « social ». Pendant 5 jours, plus de 400 conférences et discussions auscultent le présent et le futur du web. Des entreprises, des consultants, des universitaires, imaginent l’évolution des multiples facettes de notre vie en ligne, depuis la consommation jusqu’à la religion, en passant pas la sociabilité, la sexualité, le divertissement, l’humour, la politique, etc.

Le format des conférences évite tant le côté « salon » des grands événements marketing où les entreprises viennent vendre leurs produits, que l’aspect parfois élitiste des conférences purement universitaires. Le festival connaît un succès croissant, et a accueilli près de 10 000 participants l’année dernière, contre 5000 en 2007. C’est le but premier de mon voyage.

Le festival musique est le plus ancien. Créé en 1987, il est devenu aujourd’hui l’un des principaux rendez-vous de la musique indépendante américaine. Plusieurs centaines de groupes sur 8 scènes différentes au programme officiel, auxquels il faut ajouter les concerts du off, au moins aussi nombreux. Des conférences et panel, similaires à ceux du festival « interactive », cogitent pendant ce temps sur le futur de la musique, en se demandant par exemple comment on écoutera de la musique en 2020 ou comment réconcilier les gens avec l’industrie du disque.


Se greffe à tout ça un festival de cinéma indépendant,
dont les projections s’étalent  sur dix jours, avec remise des prix à la fin comme il se doit.

D’après ce que j’en ai lu, d’autres facteurs contribuent à faire de SXSW un événement particulièrement agréable. Tout d’abord, de très nombreuses parties sont organisées tous les soirs, sponsorisées par les boîtes high-tech, et c’est une loi sociologique intangible que la bière gratuite favorise le networking, les rencontres et la créativité.

Ensuite, c’est le printemps à Austin, il fait doux et les arbres sont en fleur, ce qui ne gâche rien. Enfin, Austin a beau être située au Texas, patrie de la dynastie Bush, c’est plutôt une enclave « libérale » (i.e. de gauche) dans un état ultra-conservateur, la seule ville de tout le lone-star-state où l’on peut apercevoir les autocollants « f**k bush » et « no war in Irak », si répandus en Californie et sur la côte Est. Autrement dit, c’est plutôt l’Amérique que les Français aiment.

Voilà du moins ce que j’en ai lu ou ce qu’on m’a raconté. Ne reste plus qu’à aller vérifier. Décollage jeudi, 9h35.

[MAJ] Une interview d’Eric Scherer, qui fait le bilan de ces premiers jours de festival, a été publié en fin de journée: Enjoy !

> Retrouvez l’article orignial et les différents compte-rendu sur FXSW

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http://owni.fr/2010/03/15/fxsw-les-frenchies-aux-south-by-southwest/feed/ 1
« Comment rendre l’AFP à nouveau indispensable » http://owni.fr/2010/02/13/%c2%ab-comment-rendre-lafp-a-nouveau-indispensable-%c2%bb/ http://owni.fr/2010/02/13/%c2%ab-comment-rendre-lafp-a-nouveau-indispensable-%c2%bb/#comments Sat, 13 Feb 2010 10:22:35 +0000 Vincent Truffy http://owni.fr/?p=8080 Ce n’est pas un scoop, mais c’est bigrement intéressant. Bakchich publie ce matin le rapport rendu par Frédéric Filloux à Pierre Louette, PDG de l’AFP, au début du mois de février, dans lequel l’ancien directeur de la rédaction de Libération, puis de 20 minutes, chroniqueur chez Slate.fr et chez lui, se propose de répondre à la question « Comment rendre l’AFP à nouveau indispensable dans le contexte d’une information surabondante et dévalorisée ».

La formulation diverge sensiblement de celle, plus volontariste, du rapport Louette rendu presque un an plus tôt aux ministres de la Culture et du Budget intitulé « Faire de l’AFP un des leaders mondiaux de l’information à l’ère numérique ». C’est que le nouveau rapport, qui s’appesantit plus longuement sur le « produit » (l’information) et le modèle social que sur les aspects juridiques et financiers, n’est tendre ni pour l’agence ni pour ses clients.

  • «La concurrence des “sources”, plus ou moins fiables, disponibles sur l’Internet, la dévalorisation de l’actualité rendent l’agence de moins en moins indispensable dans des rédactions, elles-mêmes de plus en plus pauvres.»
  • «Les médias traditionnels sont de moins en moins exigeants, les nouveaux médias succombent au vite-fait, à l’approximation, et à l’illusion d’une possibilité infinie de corrections. Aussi effrayant que cela soit pour la démocratie, la culture dite du good-enough commence à imprégner le monde de l’information. (…) Le cheap and simple l’emporte sur la sophistication.»

L’idée (fausse) que toute l’information est de toute façon disponible en ligne bat en brèche celle, commune dans les rédactions, que les journalistes disposent toujours des agences, en filet de sécurité, pour traiter les impasses en recopiant la dépêche, pour rattraper les sujets que l’on n’a pas senti « monter », etc. Si toute l’information est disponible sur le Web, alors un agrégateur type Google News suffit bien.

L’idéologie de l’information comme processus en construction plutôt que comme produit fini (c’est la thèse popularisée par Jeff Jarvis) fait que dans l’esprit de beaucoup, il n’est plus nécessaire de disposer d’une information complète pour publier, mais qu’il suffit d’être le premier sur une information, la concurrence, les internautes, se chargeant de contredire, compléter, rebondir sur cette exclusivité.

  • « Le segment du breaking news, sur lequel les agences ont construit leur légitimité et leur modèle de revenus s’est considérablement dévalorisé au cours des cinq dernières années. (…) Les plus seniors veulent conserver l’abonnement à l’AFP pour des questions de facilité (l’urgent qui tombe sur une interface unique) et de confort (le bâtonnage de dernière minute). De leur côté, les rédacteurs plus jeunes ont leurs fils Twitter ouverts en permanence, ont paramétré des alertes sur Google ou des fils RSS qu’ils considèrent comme fiables, ce qui n’est pas sans risque pour leur support. Comme pour renforcer la tendance, les futurs journalistes sont formés à l’organisation de flux d’information personnalisés. »

Il y a peu de temps encore, les agences avaient le privilège de donner le tempo : dès qu’un fait infléchissait le cours des événements, l’agence se fendait d’un « urgent », une phrase qui annonçait aux rédactions qu’un événement, attendu ou non, était advenu. Et elles le donnaient généralement avant tout le monde. On ne compte plus désormais les cas où l’information est connue de l’ensemble des geeks des rédactions dix minutes et plus avant que le premier urgent ne « tombe sur le fil ».

  • « Lorsqu’il consulte un média en ligne, (le journaliste) dispose de pages enrichies par des liens hypertextes, renvoyant vers des articles sur le même sujet (les related stories) ou vers des sites extérieurs. Le site lui suggère des lectures complémentaires sur tous les supports possibles : texte, mais aussi infographie, vidéos, photos. La profondeur apparaît ainsi infinie. Par contraste, la dépêche est plate, aride, unidimensionnelle. »

C’est la grandeur et la faiblesse de la dépêche : un compte-rendu froid, distancié, sourcé jusqu’à la lourdeur, construit toujours de la même façon, mais surtout autonome et complète. Avec l’hypertexte, de nouvelles formes d’écriture, arborescentes, référencées, évacuant l’accessoire et la charge de la preuve ailleurs sur le Web, mêlant les formes d’expression. Bien adaptée pour être réutilisée au moindre effort dans la presse écrite, la forme traditionnelle semble désuète pour les usages sur les sites Web. Avec Living Stories, Google propose une évolution intéressante dans le sens préconisé par Frédéric Filloux.

  • « Les flux de l’agence sont perçus comme trop abondants et génèrent un déchet excessif. Le “one size fits all ” (taille unique) supposé satisfaire tous les médias, ne convient plus aux besoins spécifiques de chacun. La tarification reste alignée sur le débit unique de la “lance à incendie”. Les clients remettent donc en question ce principe, soit en réclamant des rabais irréalistes, soit en envisageant des alternatives. (…) Le principe de l’abonnement doit être revu et complété par des produits vendus “à la carte”, souvent en exclusivité. »

« Aujourd’hui, le “fil” est considéré comme une lance à incendie destinée à remplir un verre d’eau», écrit Frédéric Filloux. Dans un contexte de restriction budgétaire, les rédactions — et notamment la presse régionale — constate que l’abonnement coûte cher pour un service rendu dérisoire : sur l’information locale, l’agence est souvent en retard et moins complète que leurs propres locales; et l’information nationale ou internationale, dans un contexte de médias surabondants, n’est plus un service si différenciant qu’il justifierait le prix demandé: dans les informations générales des quotidiens régionaux, c’est finalement le tri entre tous les sujets qui a une valeur. Dès lors, l’AFP se rendrait utile si elle proposait à ses clients des offres personnalisées.

  • « On pourrait même envisager un service de base gratuit réservé aux professionnels. Il serait l’équivalent des fils Twitter de CNN ou du New York Times. Pour le client, ce flux superficiel ouvrirait sur un vaste catalogue de produits premium actualisé en permanence. »

Lors de son recrutement, Frédéric Filloux a été sévèrement critiqué par le SNJ-CGT de l’agence comme « l’homme de la gratuité »: « tout se passe comme si le journalisme de nos jours pouvait se réduire à une question de technologie. Idée qui est hélas trop courante sur les forums Internet américains fréquentés par certains de nos “penseurs AFP Mediawatch” du sixième qui n’ont comme références que des consultants prêts à tout pour répandre leurs idées sur la “mort prochaine du papier” ou “l’inéluctabilité du tout-gratuit”. » Mais cette proposition reprend plutôt l’idée que le tout-venant de l’information serait une « commodité » (un produit standardisé sans valeur ajoutée) indispensable mais ne provoquant pas l’acte d’achat. En revanche, il peut servir de « produit d’appel » pour des services qui eux seraient facturés.

  • « L ‘AFP ne doit pas se sentir en compétition avec les autres médias sur des exclusivités. Sur le marché domestique, les scoops sont le plus souvent franco-français. Ils résultent fréquemment d’une connivence excessive entre des journalistes et leurs sources, bien plus que d’un réel travail d’investigation, au final, peu pratiqué en France. »
  • L’AFP devrait « valoriser — sans excès, mais avec un peu plus de magnanimité — les exclusivités des confrères permettrait aussi à l’AFP de mettre en exergue ses propres scoops, ce qu’elle fait rarement. Il suffirait donc d’une ou plusieurs dépêches dédiées aux reprises, envoyées tôt le matin, et rassemblant selon des critères assez larges les exclusivités des confères pour régler la question. »

On reconnaît là deux reproches adressés régulièrement par les journalistes du reste de la presse à l’agence. Il suffit de rappeler le billet Mediapart, le mur du silence et le marché aux voleurs pour voir combien la double fonction de grossiste de l’information et de concurrent conduit l’agence à faire des impasses, à négliger de rappeler que certains de ses scoops étaient déjà « sortis » ailleurs dans les médias.

Sur quelques pages, en fin de document, le rapport se pique de quelques conseils à la direction sur la « gestion humaines et le pacte social » qui devraient être plus difficilement acceptés dans le contexte d’une prochaine réforme du statut de 1957 de l’agence. Le ministre de la Culture a missionné en décembre 2009 un comité d’experts dirigé par l’ancien patron de l’agence Henri Pigeat, pour travailler sur le projet élaboré par Pierre Louette et qui prévoit de transformer l’AFP en société anonyme par actions à capitaux publics.

« Aucune des évolutions envisagées dans ce rapport n’est possible sans la rénovation du pacte social de l’AFP dont la déliquescence menace l’avenir de l’agence », démarre Frédéric Filloux : « un journaliste d’Associated Press travaille entre 20% et 25% de plus en temps annualisé qu’un journaliste de l’AFP » (tout en précisant qu’« un journaliste d’AP travaille 230 jours par an. Après trois ans, il ne dispose que deux semaines de congés payés. Il lui faut attendre 20 ans d’ancienneté pour avoir 5 semaines de congés »). Il insiste sur le fait que ce constat serait partagé (« Beaucoup de journalistes de l’agence admettent qu’une durée annuelle de travail aussi faible est difficilement compatible avec une mission de collecte et de traitement de l’information — suivre le détail des sujets, renforcer son expertise, cultiver ses sources »).

En revanche, il ne s’étend pas sur la différence de rémunération d’un journaliste du siège de l’Associated Press par rapport à celui de l’AFP. Tout juste relève-t-il « un excédent de journalistes seniors »: « A la rédaction, une personne sur dix a plus de 60 ans et 42% ont plus 20 ans d’ancienneté. » Il propose donc d’instaurer « des notions de compétences, de spécialisation, de performance et y faire correspondre une politique salariale où la valeur d’un individu aura un poids spécifique plus grand que son ancienneté. »

Enfin, Frédéric Filloux se livre à un réjouissant jeu d’anticipation à terme assez court (2015). Il voit l’agence contrôlée par une fondation garantissant son indépendance. La contribution de l’Etat est ramenée à 20% (« en 2008 de 107,7 millions d’euros, soit 39,75% du chiffre d’affaires de l’agence — et l’équivalent de 1,3 fois le revenu généré par le fil général de l’agence, son service-phare ») et « le volume de dépêches et de photos a été réduit de moitié ». En contrepartie, l’agence a développé de nouveaux services, parmi lesquels on trouvera notamment (ouvrez les guillemets) :

  • AFP Media Dashboard. Cet abonnement spécifique fournit, sous une  forme visuelle et actualisée en temps réel l’état du bruit médiatique (qui parle de quel sujet, à quel moment, selon quels volumes, avec quelle tonalité, tout cela pouvant être replacé dans un contexte historique).
  • AFP Crowd Monitor. Il surveille l’état de l’opinion, au travers d’une analyse permanente d’un vaste corpus de blogs, forums, sites internet, fils RSS et Twitter, dont les contenus sont suivis en temps réel. Là encore, sous une forme visuelle et statistique, la rédaction peut suivre l’évolution d’un cycle d’information : la montée d’une polémique, son importance relative par rapport à une autre six mois plus tôt ou encore une préoccupation de fond qui prend corps dans la population (en fait dans les populations car on peut évidemment segmenter selon une multitude de critères), etc.
  • AFP Editor Assistant. Des dizaines de sujets composites (texte photo, multimédia) sont assemblés chaque jour pour des clients qui les achètent selon des modalités variables, le plus souvent à la carte et parfois aux enchères lorsqu’une commercialisation exclusive le justifie.  Tous les textes produits chez le média-client, sont passés au crible d’AFP Editor Assistant. Ainsi une note interne de la rédaction en chef définissant une couverture à venir (avec des propositions de sujets et d’angles sur un événement) sera confrontée à la base de l’AFP qui proposera du texte (features, papiers de doc), des sujets photos rassemblés dans des dossiers virtuels, des infographies construites sur des bases de données et naturellement de la vidéo.
  • AFP Data. Une trentaine de services thématiques, créés, édités, mis en forme par des statisticiens et journalistes de l’agence qui puisent dans des bases de données publiques.
  • AFP User-Generated Content Validation. Un desk d’experts internes et externes à l’agence valident et certifient l’authenticité des contenus qui circulent sur le Net.

(Fermez les guillemets)

» Billet initialement publié sur le blog de Vincent Truffy

» Image d’illustration Jessie Romaneix sur Flickr


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http://owni.fr/2010/02/13/%c2%ab-comment-rendre-lafp-a-nouveau-indispensable-%c2%bb/feed/ 2
Editorialisation a posteriori http://owni.fr/2010/01/18/editorialisation-a-posteriori/ http://owni.fr/2010/01/18/editorialisation-a-posteriori/#comments Mon, 18 Jan 2010 16:34:25 +0000 Martin Lessard http://owni.fr/?p=7070 J’évoquais en 2004 les 3 conditions pour que le RSS devienne grand public. Les trois conditions ont été accomplies (on dit “fil web” et le logo est normalisé; on peut s’abonner en 1 clic; tous les grands navigateurs l’ont intégré). Mais alors pourquoi le RSS est-il si peu utilisé par le grand public? Parce qu’il est resté cantonné à un usage technique. Le RSS a été remplacé par Twitter et Facebook.

http://www.freemediagoo.com/display.asp?result=202Le RSS est une commodité qui facilite le suivi d’info en ligne. Mais le grand public ne suit pas un fil web. Il suit un collègue, un ami pour qu’il le pointe vers une ressource nouvelle. Un ami (un “relais”) joue ainsi le rôle du fil RSS. Un filtre social.

Là où le RSS indiquait ce qui était (techniquement) nouveau, le filtre social permet de trouver ce qui est “socialement nouveau” dans son cercle de relations (pus ou moins étendu). À quoi ça sert de savoir que tel billet est nouveau si personne de son entourage ne s’y intéresse?

Notifications à la main

On veut savoir ce qui éveille l’attention de notre groupe : si le fil RSS permet de suivre ses aiguilles dans la botte de foin, il les présente à plat, sans hiérarchie. Twitter et Facebok offre une fonction d’éditorialisation a posteriori. L’information acquiert une métadonnée supplémentaire: elle représente le Zeitgeist, l’esprit du temps (de son cercle).

Facebook et Twitter offrent la possibilité de faire suivre des liens vers des ressources d’informations quasi instantanément. Facebook, plus privée et Twitter plus public, sont des médias sociaux bottom up.

Le partage de liens constitue, ma foi, l’usage le plus intéressant de ces réseaux. Or, pourtant, Delicious était là bien avant. Pourquoi le “social bookmarking” n’a-t-il pas été adopté par le grand public? Il offre pourtant les mêmes avantages de partage et même plus.

Facebook, parce qu’il permet de restreindre sa communauté à un cercle (plus ou moins) limité. Le partage n’a pas de visée universelle, mais est presque tribal.

Twitter, parce qu’il a su mettre de l’avant le nombre d’abonnés (“followers”) entrant ainsi de plain-pied dans l’économie de l’autopublication en adhérant à la monnaie commune : la reconnaissance. Connaître et identifier son audience grandissante offre une “récompense” à celui qui autopublie.

À mon sens, Twitter a une avance sur ce côté. Le nombre d’abonnés sur Facebook fait moins de sens que sur Twitter. Ce dernier se place mieux dans le nouvel écosystème de l’information.

Tri en périphérie
Le filtre social est une réponse à la surabondance d’information des réseaux. Le tri de l’information ne se faisant plus en amont, il est déchargé en aval sur l’utilisateur qui doit adopter de nouvelles stratégies de tri pour gérer cette subite augmentation de connaissance.

Le filtrage social retient ce qui est pertinent dans son cercle de connaissance et répond à une loi toute humaine du moindre effort : une info qui n’est pas de “qualité” (insérez ici vos critères personnels) ne se rend pas jusqu’à vous (ou alors vous vous êtes mal entouré).

Avec la montée des médias sociaux durant cette décennie qui se termine, le filtrage social par la base a atteint une échelle proprement vertigineuse et nous verrons dans les prochains dix ans l’impact que cela aura sur la société. Je suivrai pour vous ces avancés en 2010.

» Article initialement publié sur Zero Seconde

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http://owni.fr/2010/01/18/editorialisation-a-posteriori/feed/ 0
A quoi me sert Twitter http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/ http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/#comments Tue, 12 Jan 2010 10:24:57 +0000 Samuel (Authueil) http://owni.fr/?p=6929

Cela fait un certain temps que je suis sur Twitter. Comme beaucoup (la plupart même), je me suis longtemps demandé à quoi pouvait bien servir cet outil. J’ai mis beaucoup de temps à trouver la réponse, car quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne risque pas de le trouver.

La première chose qu’il faut se demander, c’est “quel besoin”. Twitter est un outil qui peut répondre à certains besoins, pas à tous. Si on lui demande ce qu’il ne peut pas donner, on sera forcement déçu. On le sera aussi si on ne fait pas ce qu’il faut pour bien utiliser l’outil, qui peut se révéler plus ou moins chronophage et surtout addictif.

Twitter me sert à plusieurs choses.

D’abord à bavarder. Twitter, c’est du chat, et c’est cet usage qui est très addictif, car il faut suivre en permanence. Difficile de répondre à la volée à un twitt posté 24 heures plus tôt. Il faut être dans l’immédiateté. La barrière des 140 caractères n’est pas un problème, bien au contraire, ça oblige à suggérer (par un hashtag par exemple), à mettre du lien, de l’image. Plus besoin de faire une chaine de mail pour envoyer les images amusantes et autres trouvailles. On poste le lien, qui tourne sous forme de Retwitt. Ca permet de suivre un peu l’ambiance dans différentes communautés (les journalistes web, les blogueurs politiques…)

Twitter, c’est aussi de la veille. Là c’est plus sérieux, car pour moi, c’est l’utilité première de Twitter. J’y participe en tant que “récepteur” d’information mais aussi comme “émetteur”. Je me suis abonné à certains fils qui me paraissent pertinents, et je m’aperçoit qu’avec finalement assez peu de veilleurs, on arrive à avoir quasiment toute l’information pertinente. Mes centres d’intérêts tournent bien évidemment autour de la politique, du droit, de la communication (où j’inclus toutes les problématiques liées à la presse et au journalisme). Parmi les comptes que je suis (désolé pour ceux qui n’y sont pas, mais il faut faire des choix), il y a Astrid Girardeau, enikao, Calimaq, Ls01, François Guillot, Narvic.

Twitter n’est vraiment utile qu’a partir du moment où on a un certain nombre d’abonnements dans la “communauté” pertinente. Attention à ne pas en avoir trop non plus, car on est vite noyé dans le flot, surtout aux heures de pointe. Cela demande aussi d’y aller quotidiennement, sinon, on perd vite le fil. Le flux sur twitter est très rapide et remonter trop loin en arrière peut s’avérer fastidieux, sauf si on a des listes bien conçues. Et là, c’est un autre problème, car si seulement tout le monde se contentait de n’être que la petite étiquette qu’on lui a collé sur la tête.

L’outil est intéressant, complémentaire du blog. Il le restera tant que les communautés qui m’intéressent y sont. Le jour où ça migre vers une autre plate-forme, il faudra suivre. Finalement, ce qui compte, ce n’est pas l’outil mais les gens qui sont derrière. Je pense qu’on a un peu trop tendance à l’oublier.

» Article initialement publié sur Authueil > les commentaires valent le détour /-)

» Illustration par Matt Hamm sur Flickr

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http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/feed/ 0
L’arrivée des listes sur Twitter: partage, veille et filtre social http://owni.fr/2009/10/31/l%e2%80%99arrivee-des-listes-sur-twitter-partage-veille-et-filtre-social/ http://owni.fr/2009/10/31/l%e2%80%99arrivee-des-listes-sur-twitter-partage-veille-et-filtre-social/#comments Sat, 31 Oct 2009 18:47:12 +0000 Philippe Martin http://owni.fr/?p=5052 Depuis bientôt une semaine, Twitter procède à la mise en place de sa nouvelle fonctionnalité liste. A date près de 50 % des usagers y ont déjà accès. On peut espérer que d’ici une semaine, tout le monde sera équipé, n’oublions pas quand même la prouesse technologique d’implantation sur un service live avec de fortes montées en charge.

Avec l’arrivée des listes, j’ai vu passer plusieurs twitts d’usagers qui n’en comprennent pas trop la pertinence. Voici en vrac quelques réflexions sur le sujet:

- D’abord je ne suis pas fan des applications « desktop » genre Tweetdeck ou Seesmic qui permettent de gérer des listes en dehors de Twitter et monopolisent beaucoup de ressources ordinateur. Comme le mentionne orenoque à MichelleBlanc, Twitter est une rivière ou l’on vient s’abreuver de temps à autre. Quand j’y suis tant mieux, quand je n’y suis pas tant pis. Impossible de trop remonter en arrière, on est dans le temps réel. Les applications que j’utilise sont dans ce mode de pensée: EchoFon pour le Iphone, Twitter Gadget pour Gmail, widget Twitter pour Netvibes et PowerTwitter pour Firefox. Tout donc dans le « cloud », plein de petits accès disséminés un peut partout.

- Filtre: Twitter est une exponentielle, c’est à dire que plus vous êtes actifs, plus vous avez la possibilité d’être retweeté, donc plus du followers donc plus de possibilité d’être mentionné dans le #followfriday, donc plus de followers et ceci en boucle. Le problème est que plus vous suivez de monde plus une certaine pollution peut apparaitre dans la rivière des statuts ou tout se mélange. La liste qui je le précise peut être publique ou privée permet de segmenter certains usagers par affinités, proximité, passions, engagement etc…C’est donc un quatrième niveau de lecture.

- Veille: ceux qui me suivent savent que je peux être parfois compulsif, cela va déprendre de ma journée avec les états d’âmes qui l’accompagnent. Il m’arrive aussi d’être muet et de juste suivre ce qui se passe. En me créant des listes je peux ainsi mettre le focus sur un thème particulier et faire ma veille en silence sans être dérangé.

- Partage: là on retrouve le thème central du web social. Je peux mettre à la disposition de mes followers des listes que j’ai établies. Je leur donne donc accès à mes sources, je les pointe vers des usagers pertinents. A noter que c’est très utile pour les nouveaux arrivants. On s’entend que Twitter n’est pas évident au départ, que faire, que dire, qui suivre. Volonté donc des gens de Twitter d’accélérer le processus d’adoption et de grossir la masse des usagers.

- Mes listes: à date j’en ai créé trois: celle de rezopointzero avec qui j’ai une certaine proximité, celle des femmes- digitales-women. D’ailleurs, à propos de cette dernière, certains amis en boutade m’ont traité de cyber Dom Juan. Je leur ai rétorqué que cette liste est très pertinente les soirs de hockey car on ne risque pas d’y voir des statuts du genre « ça sent la coupe » en plein mois d’octobre. Sur une note plus sérieuse, les femmes sont plus naturelles que les hommes en matière de conversation et abordent des sujets plus proches de la vraie vie. Dieu que Twitter serait plate sans elles. Dernière liste sur les technos influenceurs anglos. Quasiment aucuns ne me suivent dans cette liste, mais ce petit groupe de trente personnes pour l’instant, publie un contenu des plus pertinents si vous êtes ferrés avec les nouvelles technologies et leurs impacts.

Je terminerai avec cette citation que j’adore de Alexis Mons du Groupe Reflect: «Twitter n’est pas un réseau social, mais un réseau de communication qui tisse des relations sociales». Voilà donc un virage très réseau avec bien sûr, il faut s’y attendre des trucs genre qui a la plus grosse ou je te mets dans ma liste et tu me mets dans la tienne, on ne changera pas la nature humaine.
Alors, allez-y, bidouiller, taponner, fouiller, amusez-vous surtout et on s’en reparle dans un mois.

Pistes: Twitter List Rank – c’est moi le meilleur coup chez Owni

5 nouvelles tendances Twitter chez Jean-Luc Raymond

Les listes Twitter: tutoriel vidéo chez Le blog du modérateur

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Twitter List from Stephane Tauziede on Vimeo.

» Article initialement publié sur N’ayez pas peur

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